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Le 4 pour 1 000 : les sols pour la sécurité alimentaire et le climat

Le 4 pour 1 000 : les sols pour la sécurité alimentaire et le climat

Le changement climatique a des effets directs et délétères sur les productions agricoles. Jusqu’à ce jour, les conférences des parties (COP) se sont peu intéressées à l’agriculture, trop souvent en position d’accusée pour être source d’émission de gaz à effet de serre (GES). L’un des enjeux de la COP 21 pour la France est de faire évoluer les perceptions afin que l’agriculture et la forêt soient reconnues comme des acteurs de lutte importants. Elles peuvent être la source de solutions comme le démontre l’initiative « 4 pour 1 000 » présentée ce 1er décembre par Stéphane Le Foll dans le cadre de l’Agenda des solutions.

Retrouvez l’explication du 4 pour 1000 par Dominique Potier Secrétaire national à la Ruralité.

Le « 4 pour 1000 » consiste à améliorer la teneur en matières organiques des sols. Il s’agit d’encourager la séquestration de carbone par la mise en œuvre de pratiques agricoles et forestières qui se réfèrent aux pratiques de l’agro-écologie et de l’agroforesterie : couverts végétaux, cultures intermédiaires, haies, non labour. Grâce aux plantes et aux organismes vivants, les sols contiennent deux à trois fois plus de carbone que l’atmosphère. Ces pratiques concourent à l’enrichissement naturel des sols les rendant plus fertiles. Or, plus on rend les sols vivants en augmentant leur matière organique, plus on stocke de gaz à effet de serre. En augmentant de 4 ‰ (0,4%) par an la quantité de carbone qu’ils contiennent, on parvient à limiter l’augmentation annuelle de CO2 dans l’atmosphère tout en régénérant de l’oxygène.

Ces pratiques permettent de restaurer les terres dégradées de développer une agriculture dans des zones arides de la planète, à l’exemple des pays subsahariens, rendant possible d’enrayer la désertification, voire de reconquérir des terres. Elles concilient ainsi sécurité alimentaire (plus de production et meilleure qualité nutritionnelle) et lutte contre le réchauffement climatique. Ce phénomène se cumule avec les actions de préservation de la forêt, puits de carbone pour la planète et réservoir de biodiversité.

Cette initiative a été développée sur la base d’une étude de l’INRA puis travaillée en lien avec la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture). Elle a été portée par le gouvernement à l’agenda des solutions afin de lui assurer un concours mondial. Déjà soutenue par de nombreux partenaires étatiques, associatifs et institutionnels, elle voit ce jour, avec la signature d’une déclaration commune par plus de 100 Etats et organisations, sa mise en œuvre lancée. Le Parti socialiste se félicite de voir la prise en compte de nouvelles méthodes agronomiques, que les socialistes français soutiennent sur le territoire national, reconnues et adoptées à l’international.

Une première réunion de l’ensemble des membres du 4 pour 1000 aura lieu au 1er semestre 2016. Elle permettra de définir des règles de gouvernance et de clarifier les principes communs à l’ensemble des projets portés par l’initiative dans le cadre de la préparation de la Cop 22 à Marrakech. Cette initiative, à objectif incitatif, laisse assez de souplesse pour que chaque pays puisse l’adapter à son propre niveau de développement et puisse rejoindre la plate-forme collaborative. Plate-forme à laquelle les différents acteurs du monde agricole pourront participer, avec des projets concrets, tout en trouvant des financements. Et qui permettra la valorisation des résultats du programme international de recherche et de coopération scientifique.

L’initiative « 4 pour 1 000 » représente une première étape dans la mise en route d’une politique agricole mondiale alliant sécurité alimentaire, souveraineté alimentaire de chaque pays et lutte contre le réchauffement climatique à laquelle nous souscrivons pleinement. Aussi, le Parti socialiste incite-t-il tous les pays à rejoindre ce programme !