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La forêt : un enjeu fondamental dans la lutte contre le réchauffement climatique

La forêt : un enjeu fondamental dans la lutte contre le réchauffement climatique

GESTION DES FORÊTS – Tant au niveau mondial que national, la forêt a un rôle essentiel dans la lutte contre le réchauffement climatique. Un enjeu qui passe par une gestion durable et responsable des ressources forestières.

La forêt : un enjeu fondamental dans la lutte contre le réchauffement climatique

La COP 21 qui a débuté le lundi 30 novembre 2015 à Paris est un rendez-vous primordial pour l’avenir de la planète et de l’Humanité.
L’objectif de restreindre à 2 degrés le réchauffement climatique à la fin du 21ème siècle n’est pas seulement indicatif, il est un impératif. Il est donc primordial que l’ensemble des ressources renouvelables qui peuvent être un facteur de réponse soient mobilisées.
La forêt, à laquelle une journée était consacrée à la COP 21, est un élément essentielle de cette réponse.

Un tiers de l’espace planétaire à gérer durablement

Depuis 1990, la surface forestière mondiale a diminué, elle est passée de 4,128 milliards d’hectares en 1990 à moins de 4 milliards en 2015. En 25 ans, c’est l’équivalent de la surface de l’Afrique du Sud qui a disparu !
Expansion forestière et déforestation coexistent pour donner un résultat sans cesse en évolution. Cela se traduit ainsi par une augmentation de la surface de forêt plantée (110 millions d’hectares supplémentaires) pour atteindre 7 % de la superficie forestière mondiale, mais a contrario, la forêt naturelle est en recul (même si ce recul ralentit) et les autres forêts naturellement régénérées ont perdu en importance.

Heureusement, la connaissance de la forêt, indispensable pour améliorer la gestion, progresse. En 2014, 77 % de la superficie mondiale était couverte par des IFN (Inventaires forestiers nationaux) dans 112 pays et 52 % de la surface totale font ainsi l’objet d’un plan de gestion.
Il est nécessaire de comprendre que les échelles de temps auxquelles sont confrontés les gestionnaires forestiers rejoignent celles des changements climatiques. Les choix actuels sont fondamentaux pour la suite car une forêt adaptée est une forêt qui lutte contre le changement climatique. La gestion des forêts doit donc limiter leur vulnérabilité aux changements climatiques et chercher à maintenir en état la capacité des forêts à fournir les services écosystémiques.

Un matériau d’avenir

Dans le contexte du réchauffement climatique, la recherche de matériaux à faible impact carbone est stratégique.
Utilisé par l’humanité depuis ses premiers pas, le bois est le premier de ceux-ci pour ses caractéristiques singulières :

  • il s’agit d’un matériau renouvelable
  • son usage permet le stockage du carbone qu’il renferme
  • ses performances thermiques lui confèrent un statut privilégié dans les constructions de Haute qualité environnementale
  • dans certains cas, il peut être utilisé comme un matériau de substitution pour les énergies fossiles.

Une politique française dynamique : préserver la ressource pour mieux en tirer profit

En France, plus du quart des surfaces forestières est géré par la puissance publique à travers l’Office national des forêts (ONF) tandis que 70 % des surfaces forestières appartiennent à des propriétaires privés. La gestion de cet espace est un véritable atout pour le futur que nous devons développer, c’est le sens de la politique menée par la France. Pour la première fois, un contrat stratégique a été signé par la filière forêt-bois. Son but, dynamiser le rôle des acteurs économiques de cette filière.

L’Etat élabore actuellement un Plan National Forêt-Bois qui vise à améliorer la gestion durable. Le fait de couper des arbres à maturité permet, par la replantation, d’améliorer le processus de pompe à carbone de la forêt. Actuellement, la France ne récolte qu’environ 50 % de la production annuelle des forêts sur son territoire. Une gestion dynamique favorable à l’environnement permettrait d’augmenter ces récoltes tout en maintenant le niveau de couverture forestière du territoire.

Tous les Français doivent s’emparer de la perspective offerte par ce matériau d’avenir, particulièrement dans la construction où ses caractéristiques en font un excellent isolant thermique, donc un élément de réduction de l’empreinte carbone des logements. Un plan bâtiment de grande hauteur bois a été lancé avec la Nouvelle France industrielle.
Dès 2017, des immeubles en bois de 10 à 15 étages devraient voir le jour, l’objectif est d’atteindre plus de 30 étages en 2030. Ce plan de grande ampleur propose une nouvelle vision de la ville. Illustration de cette démarche, le pavillon français de l’exposition universelle de Milan, un bâtiment écologique conçu en bois français, démontable et remontable, a reçu le premier prix d’architecture.

Enfin, avec la loi sur la transition énergétique, la France s’est dotée d’une politique volontaire qui entend promouvoir les énergies renouvelables et qui fera donc toute sa place au bois dans le mix énergétique.

Toujours en extension, couvrant 16,5 millions d’hectare, soit un tiers du territoire métropolitain, la forêt française est une richesse cruciale pour notre pays et, d’évidence, un outil de plus pour la France dans la lutte contre le changement climatique.