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Journal de la #COP21 10: L’accord de mercredi, une bonne porte d’entrée, bien qu’insuffisante

Journal de la #COP21 10: L’accord de mercredi, une bonne porte d’entrée, bien qu’insuffisante

L’accord de mercredi, une bonne porte d’entrée, bien qu’insuffisante

Le texte présenté mercredi par la présidence française a été accueilli favorablement par l’ensemble des délégations, qui ont accepté ce texte comme base de travail. Ce consensus souligne le succès de la méthode de travail adoptée par Laurent Fabius. « Tout le monde est mécontent, c’est donc un texte équilibré » a résumé le délégué de la Malaisie.

Si plusieurs points ont été sécurisés, demeurent quatre enjeux sur lesquels les discussions achoppaient encore : la différenciation, les financements, l’ambition, auquel il faut ajouter les pertes et préjudices. La différenciation opposait  encore nettement pays développés et pays en voie de développement. Pour ce qui est de l’ambition, d’une part l’alliance des petits États insulaires a fait fait du 1.5°C une ligne rouge, alors que d’autre part certains pays émergents refusent ce seuil estimant que les efforts impliqués sont trop élevés, ne particulier en terme de financements. Quant aux pays pétroliers (Arabie Saoudite, Venezuela), ils se joignent à l’Inde pour justifier leur refus en invoquant une atteinte à leur modèle de développement.

Conscient du moment critique des négociations, le président François Hollande a rappelé jeudi les négociateurs à leurs responsabilités, eux qui ne sont « pas là simplement au nom de leurs États, au nom de l’histoire de leur continent, ils ne sont pas là simplement pour réclamer justice pour les uns ou délais pour les autres. Ils sont là pour régler la question de l’avenir de la planète, c’est une responsabilité qu’ils ne pourront pas évacuer ». Il en a profité pour rappeler les impératifs que fixe la France :

–                un réchauffement maintenu sous les 2 degrés, avec une clause de révision mise en pratique avant 2020 ;

–                atteindre les financements promis à la COP15 de Copenhague, soit 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 ;

–                bien respecter la différenciation selon les pays, en orientant une part importante de ces financements vers l’adaptation, besoin premier des pays en développement.

L’accord de jeudi soir apporte quelques  progrès 

Dans la soirée de jeudi, la présidence française a présenté un nouveau texte, légèrement raccourci de 29 à 27 pages. Les grandes options qui polarisaient le texte précédent n’ont que peu avancé, ce texte étant davantage une prolongation des discussions. Lors de la présentation dans la soirée, Laurent Fabius a invité les ministres à poursuivre la discussion en associant les ministres co-facilitateurs en charge des diverses thématiques.

Dans ce texte, trois sujets importants  ont avancé :

–                l’objectif est fixé « bien en dessous de 2°C », soit une recherche d’équilibre entre les pays  tenants du 1.5°C et ceux du 2°C ;

–                l’ambition, qui prévoit un « plafonnement des émissions mondiales aussi vite que possible ». Ce résultat est décevant puisqu’aucune date précise n’est fixée, ce qui donne une formule avec un niveau d’engagement extrêmement faible ;

–                le rythme des révisions des contributions nationales, puisque les États s’accordent à présenter de nouvelles contribution dès 2020, à un rythme quinquennal, pour un premier bilan mondial d’étape fixé en 2023.

A ce stade, le financement, les pertes et préjudices, et la différenciation demeurent donc inaboutis. Reste à espérer qu’un compromis sera trouvé dans les dernières 24h de négociations.