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Journal de la COP #9: Engager la course contre la montre

Journal de la COP #9: Engager la course contre la montre

Du mieux pour engager la course contre la montre

Mercredi 9 décembre, la présidence française a publié dans l’après-midi un projet d’accord, sorte de texte martyr fruit des travaux menés jusque là. Raccourci à 29 pages contre 46 précédemment, Laurent Fabius estime que « le texte s’efforce de refléter les compromis naissants, selon la règle d’un équilibre entre les différentes options. »

Maintenant à disposition des ministres, ce texte a donc le mérite d’avoir gagné en clarté, d’être purgé des trois-quarts de ses crochets, et les progrès concernent aussi bien l’adaptation au changement climatique que le renforcement des capacités d’action ou le développement des technologies.

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Reste à concentrer les efforts sur 3 thématiques centrales : la différenciation, les financements et le niveau d’ambition, où les options en négociation sont à géométrie bien trop variables pour être rassurantes. L’objectif d’un réchauffement à 1.5°C est de plus en plus évoqué, mais le niveau d’ambition varie encore du simple au double (de 40 à 95% de réduction des GES d’ici 2050), ce qui change complètement la nature de l’accord. La question des pertes et préjudices est également à l’arrêt.

Une étape décisive avec l’affirmation d’une coalition large et diverse

En parallèle, l’Union européenne, les Etats-Unis, et 79 pays d’Afrique, du Pacifique et des Caraïbes, ont annoncé la création d’une coalition s’accordant sur  l’ossature d’un accord. Ces 108 pays s’entendent déjà sur des points essentiels :

  • « être juridiquement contraignant, inclusif, juste, ambitieux, durable et dynamique» ;
  • « comporter un objectif de long terme clair et opérationnel, en ligne avec la science » ;
  • « établir un mécanisme de revue pour les pays tous les 5 ans pour considérer les progrès faits et augmenter les efforts collectifs et individuels si appropriés » ;
  • « inclure un système de transparence et de comptabilité pour suivre les progrès sur les engagements nationaux et les partages d’expérience ».

S’il reste à convaincre toutes les autres délégations, nombre de pays au sein de cette coalition demanderont des garanties sur des sujets qui ont avancé,  notamment ceux à dominante financière (transfert de technologies, renforcement des capacités, financement des politiques d’adaptation). Et un point est susceptible de fragiliser cette coalition de l’intérieur, celui des pertes et préjudices. Les pays en développement demandent que cette question  soit traitée distinctement de celle de l’adaptation, car « quand il n’est plus possible de s’adapter, il faut reconnaître les pertes » estime le négociateur angolais Giza Gaspar Martins.

Cela étant, la question du financement promet d’avancer : d’une part, les Etats-Unis ont annoncé vouloir doubler leurs financements publics pour le fonds d’adaptation en 2020 ; d’autre part, la France a exprimé sa volonté que les 10 à 15 milliards d’euros issus de la future taxe sur les transactions financières soient consacrés aux financements climat, spécifiquement pour les pays en développement.

En marge de l’accord interétatique, « l’Agenda des solutions » (recueillant les engagements des acteurs non-étatiques) comptabilise lui 7000 engagements, provenant de 2 025 entreprises, 424 investisseurs, 2 250 villes, 150 régions, 235 organisations de la société civile.

Le chemin est encore long, mais d’évidence nous avançons.

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