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COP21- Les femmes sont la solution !

COP21- Les femmes sont la solution !

FEMMES – Si ces dernières n’ont que peu de part aux actions qui ont engendré les dérèglements climatiques, elles en sont souvent la solution. Bon nombre d’exemples nous montre qu’elles sont sur le terrain les premières capables de s’adapter et d’apporter une remédiation à ces nouvelles situations climatiques.

COP21-Les femmes sont la solution

La COP 21 s’est ouverte à Paris le 29 novembre dernier. Les enjeux sont considérables. Au delà des belles phrases, des formules toutes faites et des affichages de bonne volonté, il faudra décider collectivement du sort de la planète et de la façon dont nous voulons vivre ensemble. En particulier, il faudra décider des efforts que les pays riches, grands consommateurs, sont prêts à consentir pour un développement plus équilibré, plus solidaire et somme toute plus juste du monde.

La question du réchauffement climatique et de l’absolue nécessité de limiter celui-ci à 2 degrés concerne particulièrement les femmes. Partout dans de très nombreux pays, les femmes sont déjà des victimes des dérèglements climatiques. Elles sont les premières à subir avec leurs enfants la montée des mers et des océans, les typhons, les séismes, et les glissements de terrain qui anéantissent les moissons et les cultures. C’est souvent à elles que revient la question du quotidien familial, la gestion des ressources, et donc de la subsistance du foyer.

Dans les pays en développement, les femmes produisent entre 60% et 80% de la nourriture alors qu’elles n’en possèdent que 2%. Elles sont très majoritairement responsables de la collecte de l’eau, qui pour une femme africaine occupe jusqu’à 75% de son temps en raison des très longs déplacements que nécessite cette activité. L’assèchement de certaines régions du monde accroît considérablement la pauvreté et rend souvent impossible les cultures vivrières qui sont la plupart du temps l’apanage des femmes.

A l’inverse, apporter de l’eau au cœur des villages, y creuser des puits et améliorer le quotidien des femmes permet de développer des cultures maraîchères dont la vente sert à financer la scolarisation de leurs enfants.

Les pollutions de l’eau et des sols sont des sources de maladies qui pour les femmes et les enfants sont parfois mortelles.
Ces problématiques de la préservation de la ressource eau, de sa répartition équitable sont des questions essentielles pour le développement des pays du Sud, elles ne peuvent être discutées sans une participation des femmes à la décision politique. Car, si ces dernières n’ont que peu de part aux actions qui ont engendré les dérèglements climatiques, elles en sont souvent la solution. Bon nombre d’exemples nous montre qu’elles sont sur le terrain les premières capables de s’adapter et d’apporter une remédiation à ces nouvelles situations climatiques.

Les femmes doivent donc être placées au cœur des stratégies internationales, nationales et locales de lutte contre les dérèglements climatiques. Non seulement en raison de l’égalité qui fonde toute société démocratique sous toutes les latitudes, mais aussi en raison de leur implication et de leur efficacité dans les économies de proximité qui sont des planches de salut pour les populations les plus pauvres. Aussi, il revient à l’accord auquel aboutira la COP21 d’écrire noir sur blanc que les femmes doivent être présentes dans tous les organes chargés d’appliquer les plans de transition nationaux vers des économies bas carbone, à tous les échelons de la prise de décision.

Se battre pour limiter à 2 degrés le réchauffement c’est aussi se battre pour l’égalité entre les femmes et les hommes. C’est l’inscrire dans un accord contraignant et s’engager véritablement pour des projets qui au quotidien promeuvent une économie responsable et permettent à toutes et à tous de vivre dignement sans avoir l’impérative nécessité de quitter son pays pour se nourrir et se retrouver dans la longue cohorte des migrations mondiales. Dans ces milliers de réfugié-e-s qui frappent à la porte des pays riches, nombreux sont celles et ceux que l’on pourrait qualifier de réfugié-e-s climatiques et dont le statut juridique reste aujourd’hui à définir.

Les femmes attendent beaucoup de la COP 21 et de la prise en compte par les dirigeant-e-s du monde des difficultés et souffrances qu’a engendré une gestion égoïste et à court-terme des ressources de la planète. La COP21 doit être l’occasion de construire le monde de demain, en n’oubliant pas la moitié de l’humanité.

Claude Roiron, secrétaire nationale aux droits des femmes et à la parité

Sabine Buis, secrétaire nationale de la transition énergétique, écologique et de la biodiversité

Christophe Bouillon, conseiller développement durable et COP21 auprès du Premier secrétaire